Endométriose : pourquoi en parler

Le 28 mars, une journée mondiale met en lumière cette maladie gynécologique chronique, afin de mieux la détecter, mieux orienter et informer les femmes concernées mais aussi leur entourage.

Le sujet reste encore tabou, sans doute parce qu’il touche à l’intime et au sexe. En plus, le syndrome de « la chochotte » a la vie dure

Pour Hélène, par exemple, qui a rendez-vous dans la soirée pour un resto avec des amis. Mais elle annule une heure avant, obligée de rester au lit, pliée de douleur. Son entourage n’est pas ravi de cette annulation de « dernière minute ». 

Ou pour Anaïs, qui s’occupe du bilan comptable de son entreprise. Mais elle doit se mettre en arrêt, touchée par d’importants maux de ventre et des saignements très abondants. Son collègue la soupçonne de le faire exprès pour lui « refiler son boulot ».

C’est jour de DS de maths pour Alma. Mais ce matin-là, impossible de sortir du lit, elle souffre de douleurs dans le bas du ventre et le bas du dos, ainsi que de vomissements et de maux de tête. Ses parents s’imaginent qu’elle exagère pour échapper au devoir.

Objectif : sensibiliser !

Trois situations, parmi d’autres, qui illustrent concrètement les conséquences dans la vie quotidienne de jeunes filles et de femmes atteintes d’endométriose. Et les répercussions dans les relations avec leurs proches et leurs collègues.

« D’où l’importance de faire connaître et de sensibiliser le plus grand nombre à cette affection », affirme Ingrid Tiberghien, coordinatrice du Centre Endolille. C’est l’objectif de la journée mondiale de l’endométriose qui a lieu, tous les ans, le 28 mars.

À la fois pour une meilleure compréhension de l’entourage familial, social, professionnel ou scolaire, et pour une prise de conscience du côté des femmes susceptibles d’être touchées par cette affection gynécologique sans le savoir. Elle reste encore mal connue mais l’endométriose touche une femme sur dix en France.

Douleurs « normales »

« Il faut en moyenne sept ans pour poser le diagnostic de cette maladie bénigne, déclenchée par la présence de muqueuse utérine en dehors de l’utérus », rappelle Ingrid Tiberghien. « Elle est très complexe, et les douleurs menstruelles intenses sont toujours considérées comme normales lors des règles, donc la consultation se fait souvent tardivement ».

Alors, bien sûr, qui dit douleurs de règles ne dit pas forcément endométriose. Mais il est important de se poser la question, surtout si d’autres symptômes, eux aussi parmi les plus courants, se manifestent, comme les règles longues (une douzaine de jours) et hémorragiques, ou les douleurs pendant les rapports sexuels. 

Diagnostic et prise en charge

Au Centre Endolille, des médecins ont pour mission de poser le diagnostic, avec une discussion pour parler des symptômes, un examen gynécologique, une échographie et/ou une IRM. 

Si le diagnostic est confirmé, une équipe d’experts assure une prise en charge complète : des gynécologues, des chirurgiens urologues et digestifs (car l’endométriose peut toucher l’intestin, le rectum ou la vessie), des psychologues, des kinés, des spécialistes en cas de problème de fertilité, des algologues pour prendre en charge la douleur…

Toujours dans le souci de sensibiliser et d’informer, Endolille travaille avec différents partenaires dont la Ville de Lille. Par exemple, des spécialistes sont présents, chaque année, dans le village santé qui s’installe autour du Bus du Cœur.

Le 28 mars, le beffroi, la façade de l’hôtel de ville, le secteur de la Grand'Place, le Palais des Beaux-Arts et la Préfecture du Nord seront illuminés en jaune, couleur de l'espoir devenue le symbole de la sensibilisation à l'endométriose auprès du plus grand nombre.

Par Valérie Pfahl

> Centre Endolille, Hôpital Le Bois, 110 avenue de Dunkerque, à Lille. 03.59.75.59.75.



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