Le pouvoir des mares

À la frontière entre terre et rivière, les mares lilloises abritent des espèces animales et végétales protégées. Un bel atout en faveur de la biodiversité.

Une soixantaine de mares ont été créées à Lille depuis 2005, comme ici dans le parc de la Citadelle. © Daniel Rapaich

Partager sur :

Google+

Des grenouilles vertes, de frêles libellules, des tritons palmés ou encore des crapauds communs se partagent un même habitat : la mare. Ils sont revenus en force ces dernières années à Lille. Depuis 2005, la Ville a lancé un plan de restauration de la biodiversité des zones humides. Les mares en sont un ingrédient principal. Une soixantaine de ces étendues d’eau a vu le jour.

Ce réseau continu limite les risques de disparition d’espèces présentes, les conforte, voire même permet d’en accueillir de nouvelles. Les mares sont implantées le long de l’axe de la Deûle, dans un environnement déjà propice. Elles sont de taille variable, de la micro surface de 2 m² au jardin aquatique.
Certaines ont aussi trouvé place à distance de la rivière, conçues pour leur intérêt écologique mais aussi leur vocation pédagogique, dans des jardins partagés, par exemple.

Des plantes aussi !

Résultat : plus de libellules, de grenouilles ou de tritons, en quantité mais également en diversité de population ! 24 espèces de libellules ont été observées dont 17 se reproduisent dans ces mares. Conséquence aussi d’un déploiement stratégique avec des étendues d’eau espacées au maximum de 200 mètres pour pouvoir se déplacer et procréer.

Les mares sont donc favorables à la faune mais pas seulement. Côté flore, elles renforcent la présence de végétaux rares à Lille, mais non protégés comme la véronique mouron d’eau, la patience des marais ou encore la massette à feuilles étroites.
Et dans les mares de la Citadelle, des anciens fonds de marais réapparaissent des plantes disparues, dont certaines patrimoniales et protégées, telles que le plantain à feuilles lancéolées ou le jonc subnoduleux.

S’adapter aux changements climatiques

Forte de son expérience, la Ville est soucieuse de s’adapter à la situation actuelle. Exemple : les mares plus petites et moins profondes pâtissent du réchauffement climatique qui engendre des épisodes de canicule et une sécheresse en hiver plus fréquents.

Elles se retrouvent asséchées plus rapidement et/ou plus longtemps, ne permettant pas aux larves d’arriver à maturité. Une opération pour rendre ces mares plus profondes est donc en cours afin de permettre aux espèces de finir leur cycle de reproduction…

Par Valérie Pfahl


Partager la page via les réseaux sociaux :

Fermer